La boucherie, partie 2
| Saison 13 - 2025-26 | | Émission spéciale(Nota bene : cette émission, récemment produite, est néanmoins bâtie avec du métrage tourné en 1978)
Plusieurs aspects de la présente production ont de quoi intéresser les utilisateurs de ce site Web. Au premier chef, l'information sociale et économique qu'on y trouve. Voilà que vers la fin de l'été 1978, quelques cultivateurs du Bas-Saint-Laurent, réunis dans une boucherie artisanale, parlent de leur condition de vie, de leur métier et des structures dans lesquelles ils naviguent. Par exemple, on apprend que s'ils étaient prestataires de l'Assurance emploi (Assurance chômage à l'époque), leur revenu annuel serait supérieur. On apprend aussi que s'ils s'étaient faits journaliers en ville, il y a belle lurette que leur vie de tous les jours serait moins exténuante, qu'ils seraient plus à l'aise. Bref, nous affirment ces sympathiques personnages, s'ils continuent en agriculture, c'est qu'ils en ont la vocation.
Il y aurait deux portes de sortie. La première, une sorte de conte de fée, serait de devenir de plus en plus gros, jusqu'à ce qu'il faille se muter en compagnie. Il serait alors possible de prendre des vacances à chaque année, de mieux élever ses enfants, d'être un époux plus attentionné et d'être respecté par les instances gouvernementales et syndicales (entendre ici l'Union des producteurs agricoles - UPA).
La seconde, la sortie de loin la plus populaire, serait de citer Lafontaire « Le lait tombe; adieu veau, vache, cochon, couvée ». On vend sa business, on quitte l'ingratitude terrienne et on recommence ailleurs, autrement. La ville, ce n'est pas l'idéal, mais on peut s'y adapter.
Autre aspect, sympathique celui-là, la langue française qu'on y entend. André Laplante et moi, nous nous sommes connus en fréquentant ces opiniatres serviteurs de la terre aux prises avec d'inquiétantes patentes réformistes émanant qui de l'état, qui de l'élite régionale, qui du grand syndicat agricole. Nous nous sommes assez rapidement acclimatés à leur parlure unique, une parlure où il faut dire urgemment le maximum avec le moins de mots possibles, cela dans un volume particulièrement adapté à l'étable, au diesel et au parvis de l'église. On n'a pas le temps de parler comme un notaire ou un banquier et, de toute façon, on n'a pas l'instruction pour connaître les mots à queue. Il a bien fallu qu'André et moi nous nous adaptions à l'accent d'Adrien Morneau (Il arbore un chapeau de paille dans la vidéo), un ami de l'époque qui nous a malheureusement quitté il y aura bientôt 20 ans.
Conscients de la relative difficulté que représente cette parlure unique au Bas-du-Fleuve, contrée agréable dont je m'ennuie régulièrement, Darisse Bellavance, une authentique bas-laurentienne, et moi avons produit la transcription qui apparaît à la droite de l'image. André Laplante, un fils de Saint-Fabien, ainsi que Jean-Pierre Laporte, notre producteur, l'ont épousseté. Enfin notre vérificatrice Denise Boudreau y a gracieusement sévi. Puissiez-vous nous pardonner s'il subsiste quelques erreurs.
Bon visionnement.
Nelson Dumais, co-réalisateur
Galerie photos
Manifestation d'Opération Dignité - Archives privées Denis Pinard
Deux participants à La Boucherie - Photo : Ferrisson
Deux participants à La Boucherie dont, à droite, Adrien Morneau - Photo : Ferrisson
Tirée de La Boucherie - Photo : Ferrisson
Ferme québécoise, année 1960 - Photo : BANQ
Ferme de la Matapédia - Photo : BANQ
Ferme de la Matapédia - Photo : BANQ